descriptif

Islam

L’islam (arabe : الإسلام ; Alʾislām, la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu1) est une religion abrahamique s’appuyant sur le dogme du monothéisme absolu (تَوْحيدtawhid) et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu (اللهAllahrévélée à Mahomet (محمّدMuḥammad), proclamé par les adhérents de l’islam comme étant le dernier prophète de Dieu2, au viie siècle en Arabie au sud-ouest de l’Asie3. Un adepte de l’islam est appelé un musulman ; il a des devoirs cultuels, souvent appelés les « piliers de l’islam ». En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale4, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l’hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme, avec lesquels il possède des éléments communs.

L’islam se répartit en différents courants, dont les principaux sont le sunnisme, qui représente 90 % des musulmans5, le chiisme et le kharidjisme.

Les musulmans croient que Dieu est indivisible (sans fils)6 et inimaginable (sans image)7 et que l’islam est la religion naturelle au sens où elle n’a pas besoin de la foi en l’unicité divine pour constater l’existence de Dieu, cette vérité étant donnée tout entière dès le premier jour et dès le premier Homme (soit Adam)8. Ainsi, elle se présente comme un retour sur les pas d’Abraham (appelé, en arabeIbrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant l’étalon-pied, la lieue de la Kaaba, le mille d’Abraham (milla ta Ibrahim)9,10,11, c’est-à-dire une soumission exclusive à la volonté d’Allahnote 1,note 2,note 3.

Le Coran reconnaît l’origine divine de l’ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianismenote 4, tout en estimant qu’ils seraient, dans leurs interprétations actuelles, le résultat d’une falsification partielle12 : le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d’Abraham), la Tawrat (le Livre de Moïse13 identifié à la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l’Injil(l’Évangile de Jésus14).

Le Coran établit l’importance de la Sunna de Mahomet qui est connue par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses)15,note 5, récits appelés hadîths, auxquels se réfèrent la majorité des musulmans pour l’établissement de règles juridiques (fiqh) permettant la compréhension et l’accomplissement des adorations du musulman au quotidien. Les différentes branches de l’islam ne s’accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique, la charia, les deux autres étant le consensus (ijma’) et l’analogie (qiyas). Il établit également le devoir d’aimer la famille de Mahomet (ahl al-bayt).

Étymologie

Le mot « islam » est la translittération de l’arabe الإسلامislām écouter, signifiant : « la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu »1. Il s’agit d’un nom d’action (en arabe اسم فعل ism fi’l), qui désigne l’acte de se soumettre volontairement, dérivé d’un radical sémitique, s.l.m, à l’origine d’une classe de mots signifiant la concorde, la complétude, l’intégrité ou la paix16. Le nom d’agent (en arabe اسم فاعل ism fā’il) dérivé de cette racine est مُسْلِم muslim « celui qui est aminci » en vieil arabenote 6, mais « celui qui se soumet » en arabe moderne, à l’origine du mot français musulman[réf. nécessaire].

On trouve, particulièrement dans les anciens romans de chevalerie, les termes « mahométisme » (anciennement « mahométanisme »17) et « mahométan », qui sont tombés en désuétude depuis plus d’un siècle18. Ces termes dérivent tous deux du nom françisé « Mahomet ». La religion musulmane a, par la suite, été désignée en français par le mot « islamisme » (comme « judaïsme », « christianisme », « bouddhisme », « animisme », etc). Ce terme est de création française et son usage est attesté en français depuis le xviiie siècle, Voltairel’utilisant à la place de « mahométisme » pour signifier « religion des musulmans ». Au xxe siècle, le mot « islamisme », remplacé par celui d’« islam » dans cette ancienne acception, a changé de sens et s’est spécialisé pour désigner l’utilisation politique de l’islam19, l’islamismedevenant alors une doctrine politique qui vise à l’expansion de l’islam20. Les termes « islam » et « musulman » ne sont employés couramment en français que depuis le xxe siècle17.

Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d’« Islam » avec une majuscule21 désigne la civilisation islamique dans son ensemble22« un ensemble de traits matériels, culturels et sociaux durables et identifiables »23. Il désigne, au-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte, une puissance politique et un mouvement de civilisation généralnote 7.

Le mot « Musulman » (avec une majuscule) désignait au sein de l’ex-Yougoslavie une des communautés nationales (nationalité distincte depuis 1974) et la désigne encore dans certains des États qui en sont issus24. Au temps du Troisième Reich, dans les camps de concentration, le mot « musulman » ou « muselmann » est utilisé pour désigner « les faibles, les inadaptés, ceux qui étaient voués à la sélection »2

Histoire

Pour l’historienne Jacqueline Chabbi, l’islam des origines souffre encore d’un déficit d’historicité. La lecture historico-critique qui s’est appliquée pour « le judaïsme et le christianisme n’a guère touché l’islam jusqu’à présent28 ».

L’islam est apparu en Arabie au viie siècle sous l’impulsion de Mahomet. Un siècle après sa mort, un empire islamique s’est étendu depuis l’océan Atlantique à l’ouest jusqu’à l’Asie centrale à l’est. Celui-ci n’est pas resté unifié longtemps ; la nouvelle religion a connu dès 656 un premier schisme (première fitna) et plus tard (683-685) un deuxième schisme (deuxième fitna)[réf. nécessaire]. Cette période voit se mettre en place la religion islamique, ses dogmes et ses rites. William Montgomery Watt écrit « on estime en général que le dogme ne s’est développé qu’à partir du califat de ʿAlī »29, quatrième calife dans la seconde moitié du VIIe siècle. Pour Sabrina Mervin, « l’adoption de l’ach’arisme [XeXIe siècles] acheva la construction de l’orthodoxie sunnite »30. De même, l’apparition du nom de Mahomet à la fin du viie siècle est considéré par Frédéric Imbert comme une évolution dans l’expression de la foi31. Cette période est aussi celle de la rédaction du Coran, qui, pour François Déroche, n’est pas stabilisé avant le viiie siècle32,

Après l’éclatement politique du premier califat, il y eut des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques furent gouvernés par un calife incapable d’unifier le monde islamique. En dépit de ce morcellement de l’islam en tant que communauté politique, les empires des califes abbassides, l’Empire moghol et les Seldjoukidesétaient parmi les plus grands et les plus puissants au monde.[réf. nécessaire] Le califat abbasside voit se mettre en place une fixation de la religion musulmane. Durant celui-ci (approximativement du ixe au xie siècle de l’ère commune), la sîra et les hadiths sont mis par écrit33,34 et des chaînes de transmission orale reconstruites35. Pour Jacqueline Chabbi : « La tradition prophétique s’invente à ce moment-là, à travers ce qu’on appelle les hadiths, c’est-à-dire les paroles et les actes prêtés au prophète sur lesquels on veut calquer sa conduite. Mais c’est une figure complètement reconstruite »36.Plus tard, aux xviiie et xixe siècles, plusieurs régions islamiques tombèrent sous les puissances impériales européennes. L’islam ottoman connaît plusieurs réformes, l’islam ottoman est influencé par la pensée occidentale37 tandis que naît le wahabisme, prônant un retour aux sources38. Après la Première Guerre mondiale, les restes de l’Empire ottoman furent partagés sous forme de protectorats européens.

 

Bien qu’affectée par diverses idéologies, telles que le communisme, pendant une bonne partie du xxe siècle, l’identité islamique et la prépondérance de l’islam sur des questions politiques augmentèrent au cours de la fin du xxe siècle et le début du xxie siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation influencèrent l’importance de l’islam dans le moulage du monde du xxie siècle

Démographie et géographie

En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale4. La diffusion de l’islam, hors du monde arabe, s’explique par la préférence communautaire, les migrations39 et le prosélytisme40.

L’islam est aujourd’hui la religion ayant la plus forte croissance démographique41. Si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, l’islam pourrait dépasser le christianisme et devenir la première religion au monde d’ici 207042. Cette croissance rapide s’explique essentiellement par un taux de fécondité plus élevé permettant un rajeunissement de la population43.

L’islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États, sous la forme de « République islamique ». Il s’agit alors officiellement de la religion d’État[réf. nécessaire]. Toutefois, ces républiques ne sont pas les seules, plusieurs États mélangent le droit des anciens pays colonisateurs avec le droit religieux comme la Moudawana au Maroc

Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l’origine arabe de l’islam et la place centrale qu’occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 422 millions d’Arabes44, dont la grande majorité est musulmanenote 9. En réalité, seulement 20 % des musulmans vivent dans le monde arabe43. Un cinquième de ceux-ci sont situés en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie, suivie par l’Inde. D’importantes communautés existent au NigeriaBangladeshAfghanistanPakistan, en Iran, en Chine, en Europe, dans l’ex-Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a 3,3 millions de musulmans aux États-Unis (soit 1 % de la population américaine)4 et 2,1 millions de musulmans « déclarés » en France (soit 3,2 % de la population française)45 selon l’INED et l’INSEE, principalement issus de l’immigration auxquels il faut ajouter les conversions, dont le nombre est très difficile à déterminer d’autant qu’il y a des conversions en sens inverse et des apostats. Toutefois, selon l’IPSOS, la perception du nombre de musulmans est globalement surévaluée dans 40 pays étudiés46.

Au début du xxie siècle, l’athéisme est, selon certains sociologues, en forte progression dans des pays traditionnellement musulmans

Les devoirs du musulman

Tout musulman doit normalement respecter des obligations de culte pouvant prendre le nom de « piliers de l’islam » (arkān al-Islām)48. Si ces commandements sont d’origines coraniques, leur mise en place s’étend sur les premiers siècles de l’islam. Ainsi, la forme de la Chahada évolue après la mort de Mahomet49 et certains aspects de la Salat sont encore discutés au ixe siècle